Présentation
Photographe, journaliste et reporter · 1921–2021
André Gobeli fait partie du paysage annécien depuis la Libération, mais toujours dans l'ombre, derrière l'objectif de son appareil photo ou de sa caméra. Car André Gobeli est discret. C'est d'ailleurs l'un des mots qui revient le plus souvent pour le décrire. On dit aussi de lui qu'il est généreux, attachant… et bavard, ce qu'il confirme volontiers. Lui-même ajoute « soupe au lait », ce qui ne l'empêche pas d'avoir de l'humour.
Toujours aussi passionné par la photo, il passe encore une à deux heures chaque jour dans son laboratoire situé sous les toits, au 7e étage de l'immeuble de l'avenue de Chambéry, où il vit depuis plus de soixante ans aux côtés d'Éliane, son épouse.
Au-delà des mariages et des scènes de la vie quotidienne que ce « photographe de rue » a saisis, le reporter suit les grands événements — sportifs, culturels, politiques — de la ville et de la région pour la presse locale et nationale, mais aussi pour l'ORTF, dont il devient pigiste caméramann dès 1965.
Pour Georges Grandchamp, qui le connaît depuis leur participation aux chantiers de jeunesse pendant l'Occupation, il est « l'homme de toutes les situations, mais aussi un homme de service, très dévoué, toujours disponible pour venir prendre une photo d'un événement ».
D'après Annecy Magazine, n° 225, janvier / février 2013.
« C'est un photographe de grand talent, qui a immortalisé des générations d'Annéciens et d'Annéciennes. »
Lucien Colonel,
ancien journaliste au Dauphiné Libéré
et ami d'André Gobeli
Ses amis, et de nombreux Annéciens, se souviennent du petit local situé rue du Pâquier, où il recevait une clientèle très assidue et où il faisait bon philosopher. Cet amoureux d'Annecy, de son lac où il se baigne avec son épouse de mai à octobre, de sa forêt où il aime se balader, ne manquerait pour rien au monde le Festival d'Animation, dont il est le photographe officiel depuis le tout début.
Il couvre également Annecy Cinéma Italien et fréquente assidûment les séances du cinéma Le Nemours.
André Gobeli fixe sur la pellicule certaines des plus belles pages de l'histoire de l'alpinisme et du ski alpin. Il documente depuis un hélicoptère de la gendarmerie la célèbre ascension par René Desmaison de la face Ouest des Drus, et suit les premières descentes du Suisse Sylvain Saudan — considéré comme le pionnier du ski extrême et surnommé « le skieur de l'impossible ».
Il immortalise également Guy Perillat et Maurice Herzog, mais aussi les grands noms du spectacle — Johnny Hallyday, Hugues Aufray, Françoise Hardy, Zizi Jeanmaire — et de la politique, parmi lesquels Vincent Auriol et Pierre Mendès France.
Qu'est-ce qui a conduit ce diplômé du brevet supérieur — que sa mère voyait déjà devenir instituteur, comme elle — à embrasser cette profession ? « Le goût de l'aventure et du contact avec les gens », concède-t-il. Sans oublier la passion de la photo, bien sûr.
Une passion qu'il sait faire partager : son fils Christian est devenu à son tour photographe professionnel, et la plupart de ses petits-enfants travaillent dans l'image, en tant que graphistes ou photographes.
Le portrait d'André Gobeli ne saurait s'achever sans mentionner un certain Piquepaille, rencontré à la Libération, qui lui a fait deux cadeaux magnifiques : il lui a présenté son épouse et lui a vendu son premier appareil photo — un Leica.
Article de Olivier Durand — Dauphiné Libéré
Portrait — Annecy Magazine n° 225
Le Festival international du film d'animation : 50 ans d'une histoire animée
Exposition — Cinémathèque des Pays de Savoie et de l'Ain